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Publié : 14 décembre 2006

1973 : le crash du Tupolev

 

Dimanche 3 juin, il fait beau et c’est la fête au Bourget. Les supersoniques Concorde et TU-144 sont les vedettes du salon, le premier vient de terminer une spectaculaire évolution quand le second décolle de la piste 03. L’avion piloté par le chef-pilote d’essai Edouard Elyan, évolue normalement et termine par un passage à basse vitesse devant le public. Le TU-144 s’aligne alors sur la piste 07 pour atterrir, mais la tour lui indique que la piste en service est la 25 (la même, mais en sens opposé). L’avion fait alors un virage sur la droite pour revenir faire un deuxième passage à basse vitesse, "moustaches" déployées, au-dessus de la piste 03. Ceci fait, le TU-144 remonte pleins gaz en direction du nord. La montée semble alors se prolonger anormalement, soudain l’avion bascule, part en piqué, puis semble vouloir faire une ressource. Mais les contraintes sont trop importantes pour l’appareil, une vapeur blanche enveloppe l’appareil, signe que la cellule se crique et que du carburant fuit. Le TU-144 explose à basse altitude et s’abat sur la ville de Goussainville.
Les causes de l’accident ne seront jamais clairement établies, plusieurs hypothèses seront avancées, mais la plus probable serait que le pilote du TU-144 a été à un moment donné, surpris par l’apparition d’un autre appareil sur sa trajectoire. Ceci est fort probable, car lors de la montée très cabrée le champ de vision dans le TU-144 était très réduit. Le pilote a sans doute aperçu un bref instant et sans pouvoir en apprécier réellement la distance, un autre avion (peut être un chasseur français "Mirage" regagnant sa base, mais l’information n’a jamais été confirmée). Pour éviter la collision, il aurait alors volontairement provoqué le piqué mais n’aurait pas pu par la suite contrôler la manoeuvre.

Cet accident fera plusieurs morts et de nombreux blessés :

  • Les six membres d’équipage.

  • Huit habitants de Goussainville.

  • Vingt huit autres habitants sont blessés.

(informations recueillies sur le site « aerofan.free.fr »)

 


 

Le gendarme Alain Garcia nous a confié quelques-uns de ses clichés avec ce commentaire :

« Bonjour

Le jour du salon aéronautique du Bourget, le 3 Juin1973, je me trouve de service, avec mon unité l’escadron 3/2 de Maisons-Alfort. Je suis photographe de l’escadron, mais en service pour interdire l’accès d’une route sur le site.

A ce moment le TU144 passe au-dessus de moi, oiseau merveilleux. Je réussis à prendre l’avion de dessous. Puis celui-ci accélère et monte en direction de Goussainville, que je ne connaissais pas avant.

Je suis en admiration quand l’avion décroche, part en vrille, explose et se disloque.

Dans les heures qui viennent, nous nous rendons sur place ainsi que le lendemain. Je commence à faire des photos, d’un village en partie ravagé. Mon commandant d’unité me demande de ne pas publier ces photos. C’est ce que j’ai gardé depuis tout ce temps. Nous avons ramassé de nombreux débris, le poste de pilotage profondément enfiché dans le sol. Voilà tout simplement, sans parler des personnes qui ce jour là dans la maison coupée en deux , hélas, ont perdu la vie.

Notre principale mission : la récupération de tous les éléments du TU144 ; il doit y en avoir encore, surtout des fusibles marqués CCP TU 144.

Cordiales salutations. Alain Garcia retraité Gendarmerie en Bretagne. »

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