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Publié : 30 août 2006

Dispositif national 2006-2007 CE1, CE2, 6ème

texte paru au B.O.E.N. N°24 du 15 Juin 2006

ÉVALUATION
Dispositif national d’évaluation diagnostique - année 2006-2007
NOR : MENP0601328C
RLR : 514-2 ; 523-2
CIRCULAIRE N°2006-095 DU 9-6-2006
MEN
DEPP
DGESCO


Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux directrices et directeurs d’institut universitaire de formation des maîtres ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’éducation nationale ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie-inspectrices et inspecteurs pédagogiques régionaux ; aux inspectrices et inspecteurs responsables des circonscriptions du premier degré ; aux proviseures et proviseurs de lycée ; aux principales et principaux de collège ; aux directrices et directeurs d’école ; aux enseignantes et enseignants

Le dispositif d’évaluation diagnostique reposera pour l’année scolaire 2006-2007 sur la réalisation d’évaluations nationales obligatoires en CE2 et en 6ème et sur la mise à disposition des enseignants d’une banque d’outils d’aide à l’évaluation de la grande section de maternelle à la classe de seconde. Il est complété en 2006 par le protocole d’évaluation des difficultés d’apprentissage en CE1 qui devient obligatoire.

I - L’évaluation en CE1

Son objectif
Cette évaluation a été conçue pour esquisser un premier constat de l’acquisition des compétences dans les domaines de la lecture, de l’écriture et des premiers apprentissages en mathématiques, et pour repérer et analyser les difficultés que rencontrent certains élèves de CE1 dans ces domaines. À partir de cette analyse, les équipes de maîtres pourront déterminer plus précisément les réponses à apporter à ces difficultés, dans le cadre d’une pédagogie différenciée au sein de la classe. Ces réponses seront complétées si besoin, après un bilan plus approfondi, par des interventions des membres des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) ou de professionnels extérieurs à l’école.
L’expérimentation, conduite en 2005 dans une circonscription par académie, a montré que le principe de cette évaluation s’insérait tout naturellement dans le dispositif mis en place localement pour déterminer qu’un élève doit bénéficier d’un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) et pour envisager les modalités de celui-ci.

Sa mise en œuvre

Elle doit intervenir au cours du mois d’octobre, à un moment choisi par le conseil des maîtres de cycle de l’école, une fois que le maître de CE1 aura pu conforter les apprentissages du cours préparatoire. Ainsi, il restera un temps suffisant pour que les maîtres mettent en œuvre et organisent les aides nécessaires et que ces dernières produisent leurs effets avant la fin du cycle 2.
Cette évaluation permet d’identifier les élèves qui rencontrent des difficultés d’apprentissage légères ou moyennes pouvant être résolues par des activités appropriées intégrées dans la continuité des apprentissages et les élèves qui présentent des difficultés plus importantes nécessitant une investigation complémentaire pour en comprendre la spécificité.
Pour ce faire, le protocole, suite à l’expérimentation conduite en 2005, a été remanié. Il se compose de deux épreuves. La première, qui concerne tous les élèves de CE1, a été augmentée pour permettre de dresser un profil de chaque élève. Il s’agit d’une épreuve standardisée de deux séquences de 30 minutes chacune. À partir de critères objectifs et communs à l’ensemble de la population, elle permet, quel que soit le niveau moyen de la classe, de différencier les élèves selon leur profil : ceux qui n’ont pas de difficultés en lecture, ceux qui rencontrent des difficultés légères ou moyennes et ceux qui rencontrent des difficultés importantes.
Pour ces derniers, dont la proportion est évidemment variable selon les écoles et les classes, la seconde épreuve permet de préciser la nature des graves difficultés qui freinent les apprentissages. Elle se compose de deux séquences de 35 à 45 minutes et présente un nombre d’exercices respectant l’équilibre entre les différents domaines d’apprentissages notamment en lecture. Pour celle-ci sont prévus des exercices de lecture à haute voix et des exercices de lecture silencieuse.
Les modalités de mise en œuvre de programmes personnalisés de réussite éducative, éventuellement nécessaires, seront précisées dans une circulaire spécifique au terme de l’expérimentation conduite au cours de l’année scolaire 2005-2006.

II - Les évaluations diagnostiques de rentrée en CE2 et 6ème par protocoles nationaux

Leur objectif

Les évaluations à l’entrée du CE 2 et de la 6ème ont pour objectif premier de permettre d’apprécier les réussites et les difficultés éventuelles de chaque élève considéré individuellement, à un moment précis de la scolarité. Elles fournissent aux enseignants des repères pédagogiques pour organiser la suite des apprentissages. Cependant, elles ne couvrent pas tous les domaines des programmes officiels, soit pour des raisons d’ordre technique (pas d’évaluation de l’expression orale, par exemple), soit pour ne pas alourdir la durée de passation des épreuves. Les critères explicites qu’apportent ces évaluations complètent et enrichissent les différentes sources d’information dont disposent les enseignants pour identifier les acquisitions et les difficultés possibles des élèves. L’analyse des réponses obtenues contribue à la mise en œuvre des réponses pédagogiques adaptées aux besoins particuliers de leurs élèves.

Les protocoles CE2 et 6ème de la rentrée 2006

Afin d’aider les enseignants à mieux prendre en compte la progressivité des apprentissages, les protocoles visent pour une part importante des “compétences attendues”, qui sont normalement consolidées à l’entrée du cycle et sur lesquelles les enseignants doivent pouvoir s’appuyer pour engager la programmation de l’année. La place réservée aux compétences en cours d’acquisition y est moins grande que par le passé.
Ces évaluations seront organisées dans les écoles et les collèges de manière à être terminées le 22 septembre 2006.

Leur exploitation pédagogique

Les livrets destinés aux enseignants proposent, outre des informations pratiques, des commentaires pédagogiques sur les compétences visées dans chaque exercice, des pistes d’exploitation et des suggestions afin d’aider à l’élaboration de réponses adaptées aux besoins repérés.
Les analyses peuvent s’organiser par champ, par compétence et par exercice, pour l’ensemble de la classe, pour des groupes d’élèves ciblés ou pour chaque élève. Les analyses individuelles des résultats d’élèves pour lesquels un PPRE pourrait être envisagé tiendront compte du fait que certaines compétences évaluées sont encore en cours d’acquisition à cette période de l’année.

Le logiciel J’ADE

Déployé dans toutes les académies depuis la rentrée 2005, le logiciel J’ADE permet de saisir et d’exploiter les résultats des évaluations. Il facilite la réalisation des synthèses nécessaires à l’exploitation pédagogique des résultats. Le logiciel J’ADE sera téléchargeable par tous. Si localement l’utilisation de CD est nécessaire, il est de la responsabilité des recteurs et des inspecteurs d’académie, directeurs des services départementaux de l’éducation nationale avec les correspondants académiques J’ADE, de prendre en charge la duplication et la diffusion de ces CD.
Les repères calculés à partir des échantillons représentatifs constitués au plan national seront disponibles sur le site internet du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche en novembre 2006.

L’information des parents et des établissements d’origine des élèves

Les principaux de collège et les directeurs d’école doivent diffuser aux parents une information sur les résultats des élèves. Il est important que cette information soit présentée sous une forme compréhensible, ce qui suppose que les termes techniques naturellement utilisés entre professionnels de l’enseignement soient remplacés par des formulations plus accessibles et plus explicites pour les parents. Cette information ne saurait donc se limiter à la fourniture de fiches individuelles de résultats telles que le logiciel J’ADE peut les produire. Elle doit être l’occasion de commenter les réussites et les difficultés de l’élève et de présenter les dispositifs d’accompagnement éventuellement proposés à certains d’entre eux.
Les principaux transmettront aux écoles concernées les résultats des élèves qui y étaient scolarisés l’année précédente.

III - L’organisation des évaluations, CE1, CE2 et 6ème

Les modalités de commande et de routage des documents pour ces trois évaluations sont identiques à celles mises en place les années précédentes pour les évaluations CE2 et 6ème.
L’arrivée de tous les documents dans les points de diffusion indiqués par les IA-DSDEN, s’effectuera entre le 21 et le 25 août 2006. Il est indispensable que les inspecteurs d’académie, directeurs des services départementaux de l’éducation nationale prennent les dispositions nécessaires afin d’assurer la diffusion des protocoles des évaluations CE2-6ème dans les écoles et établissements publics et privés sous contrat pour la prérentrée, et d’attendre le courant de la deuxième quinzaine du mois de septembre pour celle du protocole CE1 ; ceci afin d’éviter toutes confusion avec les modalités d’organisation de l’évaluation à l’entrée du CE2.

IV - La banque d’outils diagnostiques

La banque d’outils est constitutive de l’ensemble du dispositif d’évaluation diagnostique mis à la disposition des enseignants. Les outils proposés permettent, aux moments qui paraissent le plus opportun à chaque enseignant ou équipe pédagogique, de repérer les points qui font difficulté à certains élèves pour acquérir les compétences mises en jeu dans les apprentissages. Ils suggèrent aux enseignants des pistes pédagogiques à explorer pour faire évoluer leurs progressions pédagogiques et différencier leur enseignement en fonction des erreurs ou freins aux apprentissages repérés chez leurs élèves. Les outils ne fournissent ni modèles de situations de remédiation, ni exercices d’apprentissage, d’entraînement ou épreuves de contrôle. L’équipe pédagogique dispose ainsi d’outils objectifs d’analyse qui sont des appuis pour élaborer des stratégies visant la construction solide des apprentissages.
La banque d’outils propose plus d’un millier d’outils, essentiellement en français, mathématiques et langues vivantes de l’école maternelle aux classes de seconde.

Le développement de la banque

La mise à disposition d’outils nouveaux repose actuellement sur 44 équipes réparties dans 20 académies volontaires. Ces équipes académiques multi-niveaux sont chargées de la construction des outils. Chaque équipe doit respecter un cahier des charges national et bénéficie d’un accompagnateur spécialiste des techniques d’évaluation diagnostique qui l’aide à acquérir la méthodologie propre à ce type d’évaluation. La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, responsable de la banque et du site national accessible à l’adresse suivante http://www.banqoutils.education.gouv.fr, fournit aux accompagnateurs et aux équipes les aides techniques qui leur sont nécessaires pour garantir des pratiques homogènes sur l’ensemble du territoire.
Afin de développer la banque d’outils, toutes les académies doivent à la rentrée 2006 mettre en place de nouvelles équipes académiques, reconduire ou renouveler en partie les équipes existantes. Il s’agit d’atteindre l’objectif de trois à cinq équipes de disciplines différentes, soit au total une centaine d’équipes, afin de favoriser une importante production d’outils et d’entretenir la culture de l’évaluation dans tous les champs disciplinaires de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire.

V - L’animation académique du dispositif d’évaluation

Le développement de la culture de l’évaluation diagnostique repose sur un travail d’impulsion, d’animation et de formation au niveau académique.

Impulsion et animation

Chacun a un rôle à jouer dans la diffusion de cette culture. Les recteurs veilleront, avec les inspecteurs d’académie, directeurs des services départementaux de l’éducation nationale, et les inspecteurs chargés des circonscriptions du premier degré, à la mise en place de tous les volets du dispositif d’évaluation diagnostique.
Les recteurs assureront la pérennité du groupe de pilotage académique auquel a été confié la réalisation et le suivi des différents travaux concernant les protocoles nationaux d’évaluation (CE1, CE2 et 6ème) et la banque d’outils. Ils feront parvenir à la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, la composition de ce groupe et notamment les noms et coordonnées des correspondants académiques, coordonnateurs banque d’outils et coordonnateurs logiciels.
Les recteurs donneront, sur leurs dotations globalisées, les moyens financiers et logistiques pour développer la culture d’évaluation par :
- des actions de formation à l’exploitation pédagogique des évaluations diagnostiques ;
- des stages de formation à la conception d’outils diagnostiques dans le cadre du dispositif banque d’outils ;
- le financement des équipes académiques qui produisent des outils nouveaux pour enrichir la banque d’outils diagnostiques.

Politiques de formation

La formation initiale et continue permettra aux enseignants de s’approprier cette culture de l’évaluation. Pour ce faire, les recteurs et les directeurs d’IUFM veilleront à ce que la formation initiale donne aux professeurs stagiaires une bonne connaissance des évaluations diagnostiques et de leur place tant dans les pratiques pédagogiques que dans les pratiques d’évaluation. Les plans de formation continue prendront en compte les besoins qui auront été mis en évidence lors des exploitations des résultats de ces évaluations.
La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance ainsi que la direction générale de l’enseignement scolaire s’efforceront de répondre aux demandes concernant les formations académiques ou la formation initiale.
Je vous remercie par avance de toute l’attention que vous porterez à ce dispositif d’évaluation diagnostique et au bon déroulement des opérations.

Pour le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
et par délégation,
Le directeur de l’évaluation, de la prospective et de la performance
Daniel VITRY
Le directeur général de l’enseignement scolaire
Roland DEBBASCH